Louis Guyon (1853-1933): le début de la dramaturgie patriotique
Louis Guyon est né dans une famille ouvrière franco-américaine de l’État de New York. Vers la fin de 1850, toute la famille s’installe à Montréal et Guyon entreprend une formation technique qui l’amène à travailler comme machiniste. Il s’illustre toutefois dans les mouvements syndicaux et se démarque à titre d’inspecteur des manufactures dès la création de ce nouveau rôle par Honoré Mercier.
Parallèlement, il est connu des cercles de théâtre amateur montréalais pour lesquels il écrit ses premières œuvres dans le style des pièces françaises en vogue. Quelques années plus tard, il entreprend l’écriture de pièces patriotiques inspirées de l’identité canadienne-française. Georges Gauvreau et Paul Cazeneuve, qui ont à cœur de poursuivre la mission nationaliste que Julien Daoust a tracée pour le Théâtre National, proposent au public montréalais dès l’automne 1902 sa pièce Denis le Patriote.
Deux jours avant l’ouverture de la pièce, le quotidien La Presse publie un long article qui présente l’auteur et son œuvre. Les critiques de la pièce, parues au lendemain de la première qui a eu lieu le 15 septembre, laissent croire qu’elle a été favorablement accueillie. Curiosité révélatrice des représentations théâtrales de l’époque, les critiques se terminent par un paragraphe sur la qualité de la performance d’une troupe d’acrobates de New York, dont le numéro était sans doute présenté à l’entracte de la pièce.
L’année suivante, Guyon présente une autre pièce canadienne-française qui met cette fois de l’avant le personnage de Jos Montferrand, déjà élevé au rang de légende nationale. L’enthousiasme de la presse est plus que perceptible à travers les encarts publiés en amont du lundi, journée des premières représentations, et des critiques rédigées dans les parutions du lendemain. Signe que la pièce Jos Montferrand a obtenu un rayonnement certain, la pièce est publiée en 1923 avec les informations et des photographies de sa création.





